Puces, brocantes et vide-grenier jalonnent les weekends de tous les Français. Tout le monde a quelque chose à vendre, et tous nous rêvons d’imaginaires trésors nourris d’histoires télévisuelles d’hommes devenus riches du jour au lendemain grâce à de fortuites découvertes « brocantesques ». Nous sommes devenus riches à l’agence de nouveaux souvenirs alors que j’arpentais distraitement le vide-grenier de la place Saint-Gervais. C’est un jeu d’une trentaine de plaques photographiques en verres qui capta ma curiosité. Je ne suis pas habile pour lire une image en négatif, mais ce qui me semblait être le sujet de la première plaque me parût invraisemblable: un jeune homme tenait un coq dans ses bras.  Au-delà de l’image, c’est sa puissance symbolique qui m’intrigua. Cinq euros pour une trentaine de plaques de verre. OK, j’achète. J’offris immédiatement ces plaques à Léo notre photographe, qui passa beaucoup de temps à les scanner dans les règles de l’art. La première image développée, celle du coq : tout y apparaissait plus fort, plus dense, plus vrai.

Pour moi, pour nous, à l’agence, ce portrait est une œuvre majeure du début du XXeme, je ne suis pas Daniel Arasse, mais je sais d’intuition que cette œuvre a quelque chose de plus qui nous dépasse totalement. L’auteur est inconnu, et c’est parfait, mais l’œuvre est magistrale.

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